Le 27 juin prochain, à Notre-Dame de Paris, un certain nombre d'hommes vont se coucher face contre terre sur les dalles de la cathédrale. Les bras en croix. En silence. Pendant que la chorale chante les Litanies des Saints, l'évêque et toute l'assemblée prient pour eux. Ce geste s'appelle la prostration. C'est le moment le plus fort d'une ordination sacerdotale. Et c'est probablement le moins connu.
Juin est le mois des ordinations en France. Voilà ce qui se passe réellement.
La prostration : un geste que peu comprennent
Une ordination sacerdotale suit un rituel précis, en plusieurs temps.
D'abord, l'appel. Le diacre cite les noms des candidats. L'évêque interroge sur leur formation et leur vie. « Savez-vous s'ils sont dignes ? » Réponse : « Autant que peut le savoir la faiblesse humaine, je témoigne qu'ils sont dignes. » Ce n'est pas de l'humilité rhétorique. C'est une formule qui dit quelque chose de sérieux : l'ordination n'est pas une décision individuelle. C'est une reconnaissance de toute l'Église.
Puis vient la prostration. L'ordinand s'allonge à plat sur les dalles, les bras étendus en croix. La schola entame les Litanies des Saints, cette longue liste de noms : Marie, Pierre, Paul, Augustin, François, Thomas d'Aquin, Thérèse. L'Église entière intercède. Le candidat est là, allongé, immobile.
La prostration signifie la parfaite disponibilité à l'appel divin. Le prêtre ne s'élit pas lui-même. C'est le Christ qui l'appelle, par l'Église.
Vient ensuite l'imposition des mains. L'évêque pose les paumes en silence sur la tête de chaque ordinand. Aucune parole — juste le geste. C'est le moment sacramentel proprement dit. Puis tous les prêtres présents font de même, l'un après l'autre. Signe de fraternité, de transmission, de continuité.
L'onction des mains suit : l'évêque enduit les paumes de chaque nouveau prêtre avec le saint chrême, l'huile consacrée lors de la messe chrismale du Jeudi Saint. Il lui remet un calice avec du vin et une patène avec du pain. La mission eucharistique est confiée. Le baiser de paix clôture : l'évêque et les prêtres accueillent les nouveaux ordonnés dans le presbyterium.
La cérémonie dure souvent plus de deux heures.
Juin 2026 : les dates, les lieux, les noms
En France, l'écrasante majorité des ordinations sacerdotales ont lieu en juin. Quelques diocèses complètent en septembre.
En 2026, Paris ordonne ses prêtres le samedi 27 juin à Notre-Dame, à 9h30. Mgr Laurent Ulrich présidera. Parmi les ordinands : Guillaume de Coincy, Martin Grangé, Quentin Léon-Dufour de la Communauté de l'Emmanuel — et plusieurs prêtres religieux assomptionnistes. Rennes le fera le 28 juin à la cathédrale Saint-Pierre. Meaux le 21 juin. D'autres diocèses d'Île-de-France le même week-end de fin juin.
Il y a des noms. Il y a des lieux. Ce n'est pas abstrait.
90 en 2025. C'était 105 en 2024, 88 en 2023. La tendance longue est à la baisse : 142 ordinations en l'an 2000, 90 en 2025. En 25 ans, le nombre a baissé d'un tiers. La France comptait 65 000 prêtres en 1960, 25 000 en 2000, environ 6 700 actifs aujourd'hui.
Il y a des signaux qui vont dans l'autre sens. La Communauté Saint-Martin prévoit 13 ordinations en 2026 — un record pour elle. Plusieurs séminaires enregistrent des hausses de candidatures. Ce n'est pas un retournement général de tendance. Mais ce n'est pas non plus une fatalité.
Sept ans avant le « oui »
Un homme ne se retrouve pas à Notre-Dame un samedi de juin par hasard. Avant l'ordination, il y a sept ans de formation. Philosophie, théologie, stages pastoraux, vie communautaire au séminaire. Sept ans à 33 000 euros par an en moyenne, soit plus de 230 000 euros par futur prêtre.
Ce qui compte ici : quand un homme se lève après la prostration, ordonné, il n'est pas le seul auteur de ce moment. Derrière lui, il y a des diocèses qui ont financé sa formation, des paroisses qui l'ont accueilli en stage, des fidèles qui ont donné au denier depuis des années sans même savoir que ça allait jusque-là.
Après le « oui » : une vie financée par les fidèles
Une fois ordonné, le prêtre est pris en charge par son diocèse. Traitement mensuel, cotisations sociales, presbytère. Le coût annuel pour le diocèse est d'environ 20 000 euros par prêtre en activité (source : Diocèse d'Angers, partenaire DPS, 2023).
Qui finance ça ? L'État ? Non. La loi de 1905 a mis fin au financement public du culte catholique. Le Vatican ? Non, il n'a pas vocation à financer les diocèses français. Les fidèles. Exclusivement. Via le denier diocésain, premier poste de ressources des diocèses.
Et c'est là que le chiffre devient frappant :
Deux tiers des pratiquants réguliers ne font pas le lien entre leur don et le traitement du prêtre du dimanche. Pas de mauvaise volonté. L'absence d'une explication claire.
Pour en savoir plus sur ce que coûte concrètement un prêtre diocésain, il y a un article détaillé sur son traitement, son logement et ses cotisations.
C'est là que ça devient concret pour toi. Ce que DPS fait, c'est rendre ce lien visible et régulier. Un prélèvement mensuel hors quête, réparti entre ton diocèse et ta paroisse. Un reçu fiscal unique en fin d'année. Si tu es imposable, 10 euros par mois reviennent à environ 40 euros réels par an après déduction (selon ta situation fiscale).
DPS ne remplace pas la quête. La quête est un acte liturgique : elle restera dans la main tendue, dans l'offrande du dimanche. DPS, c'est ce qui se passe entre les dimanches.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la prostration lors d'une ordination sacerdotale ?
La prostration est le geste par lequel l'ordinand s'allonge face contre terre sur les dalles de la cathédrale, pendant que la schola chante les Litanies des Saints. Elle signifie sa parfaite disponibilité à l'appel divin et l'intercession de toute l'Église pour lui. C'est le moment le plus fort visuellement et spirituellement de la cérémonie.
Combien de prêtres ont été ordonnés en France en 2025 ?
90 prêtres ont été ordonnés en France en 2025, selon les chiffres de la Conférence des évêques de France publiés en juin 2025. En 2024, ce chiffre était de 105. La tendance longue est à la baisse depuis 2000, mais certains séminaires et communautés enregistrent des hausses de candidatures.
Quand ont lieu les ordinations sacerdotales 2026 en France ?
Les ordinations ont principalement lieu en juin. En 2026 : Paris le samedi 27 juin à Notre-Dame (9h30), Rennes le 28 juin à la cathédrale Saint-Pierre, Meaux le 21 juin. La plupart des diocèses français organisent leurs ordinations entre mi-juin et fin juin.
Qui finance le traitement d'un prêtre après son ordination ?
Exclusivement les fidèles, via le denier diocésain versé hors liturgie à l'association diocésaine de leur territoire. Il n'y a aucune subvention publique au culte catholique en France depuis la loi de 1905 (sauf Alsace-Moselle). Le don régulier au denier ouvre droit à une réduction d'impôt de 66 %, dans la limite de 20 % du revenu imposable, selon ta situation fiscale. Pas une cotisation. Une chaîne.





.png)
.png)
.png)





.png)

.avif)




